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The Stuck Elevator — L’ascenseur bloqué

French TRANSCRIPT

Un soir de pluie, dans un immeuble ancien à Paris, Inès rentre chez elle avec deux sacs de courses. Dans un sac, il y a du pain, du fromage, des pommes… et une tablette de chocolat qu’elle a achetée “juste au cas où”. Elle pousse la porte de l’immeuble avec son épaule. “Allez… presque arrivée,” murmure Inès. Au même moment, Maxime entre derrière elle. Maxime et Inès habitent au même étage. Ils se croisent souvent le matin, dans le couloir, ou devant l’ascenseur. Ce soir-là, Maxime tient un petit bouquet de fleurs. Inès le remarque tout de suite. Comme toujours. “Bonjour.” “Bonjour.” Parfois, ils sourient. Parfois, ils veulent dire plus. Mais Inès porte souvent ses écouteurs. Et Maxime porte souvent des fleurs. Alors chacun imagine une histoire. Inès pense que les fleurs sont pour la petite amie de Maxime. Et Maxime se demande toujours quelle musique Inès écoute. Ce soir-là, ils entrent ensemble dans l’ascenseur. Les portes se ferment. Un petit silence. Puis l’ascenseur monte. Premier étage. Deuxième étage. Et soudain… Il s’arrête. La lumière clignote. Inès se fige. Maxime regarde les boutons. “Euh… ce n’est pas normal,” dit-il. Inès serre ses sacs contre elle. “On est coincés ?” demande-t-elle. Maxime appuie sur le bouton d’urgence. Une voix répond au bout de quelques secondes. “Ne vous inquiétez pas. Quelqu’un arrive. Ça peut prendre vingt minutes.” “Vingt minutes ?” répète Inès. Maxime la regarde. “Au moins, ce n’est pas toute la nuit.” Inès rit malgré elle. “Très rassurant.” Un autre silence. Mais cette fois, il est différent. Plus drôle. Moins froid. Inès pose doucement ses sacs par terre. “J’espère juste que mes œufs vont survivre,” dit-elle. Maxime regarde son bouquet. “Je peux protéger les fleurs, mais les œufs… c’est plus compliqué.” Ils rient tous les deux. Puis un bruit vient du sac d’Inès. Une pomme roule sur le sol de l’ascenseur. Maxime se baisse pour la ramasser. “Voilà, madame,” dit-il. “Merci, monsieur,” répond Inès. Leurs mains se frôlent. Ils se regardent. Un petit moment passe. Puis Inès détourne les yeux, un peu gênée. Pour cacher son sourire, elle ouvre son sac. “Vous voulez du chocolat ?” demande-t-elle. Maxime cligne des yeux. “Vous avez du chocolat dans votre sac ?” “Évidemment,” répond Inès. “On ne sait jamais quand une urgence peut arriver.” Maxime rit. “Alors là, je suis impressionné.” Inès casse un morceau et le lui tend. Ils s’assoient doucement par terre, chacun d’un côté de l’ascenseur. Dehors, la pluie frappe les fenêtres de l’immeuble. Quelques minutes passent. Le silence devient plus chaud. Plus simple. Presque confortable. Maxime regarde les écouteurs autour du cou d’Inès. “Je peux vous poser une question ?” demande-t-il. Inès sourit. “Oui.” “Vous écoutez toujours de la musique le matin,” dit Maxime. “Je me demande souvent ce que vous écoutez.” Inès baisse les yeux, surprise. “Vous avez remarqué ça ?” “Oui,” répond Maxime. “Vous entrez dans l’ascenseur avec vos écouteurs, et parfois vous souriez toute seule.” Inès rit doucement. “C’est souvent de la musique classique française.” Maxime semble intrigué. “Vraiment ?” “Oui,” répond Inès. “Surtout Claude Debussy.” Maxime sourit. “Debussy dans l’ascenseur… c’est très élégant.” Inès rit. “C’est surtout pour rendre les matins moins gris.” Maxime regarde le bouquet dans ses mains. “Je comprends.” Inès hésite, puis montre les fleurs. “Et vous… vous achetez souvent des fleurs.” Maxime sourit. “Ah… les fleurs.” Inès baisse les yeux. “Je pensais qu’elles étaient pour votre petite amie.” Maxime la regarde, surpris. “Ma petite amie ?” Inès devient rouge. “Pardon… je ne voulais pas être indiscrète.” Maxime rit doucement. “Non, non. Je n’ai pas de petite amie.” Inès relève les yeux. “Ah bon ?” “Non,” répond Maxime. “Ma grand-mère tient une petite boutique de fleurs dans le quartier.” “Chaque semaine, elle me donne un bouquet.” “Elle dit toujours : Maxime, apporte ça à une femme spéciale.” Inès sourit. “Et vous ?” “Moi, je les mets dans un vase,” répond-il. “Tout seul.” Inès rit. “Votre grand-mère essaie de vous aider.” “Oui,” dit Maxime. “Elle est très déterminée.” Ils rient encore. Puis Maxime ajoute doucement : “En fait… je voulais vous parler depuis longtemps.” Inès le regarde. “Vraiment ?” “Oui,” répond Maxime. “Mais je pensais que vous ne vouliez parler à personne.” “À cause des écouteurs ?” “Un peu.” Inès sourit. “Je pensais que vous aviez quelqu’un.” “À cause des fleurs ?” “Un peu.” Ils se regardent. Cette fois, aucun des deux ne baisse les yeux. Un bruit se fait entendre au-dessus d’eux. Puis une voix crie : “Vous allez bien ?” Maxime répond : “Oui, très bien !” Inès le regarde, amusée. “Très bien ?” Maxime sourit. “Je veux dire… vu les circonstances.” Les portes s’ouvrent enfin. Le gardien les aide à sortir. Inès reprend ses sacs. Maxime reprend ses fleurs. Ils sont de nouveau dans le couloir. Sur le même étage. Libres. Mais aucun des deux ne bouge. Maxime regarde son bouquet. Puis il retire une petite fleur blanche. Il la tend à Inès avec un sourire. “Pour rendre demain matin moins gris,” dit-il. Inès prend la fleur doucement. “Merci.” Un petit silence. Puis Maxime demande : “Demain matin… au lieu de juste dire bonjour… on pourrait prendre un café ?” Inès sourit. “Oui.” Elle lève son sac de courses. “Mais seulement si j’apporte le chocolat.” Maxime rit. “Marché conclu.” Et cette fois, quand les portes de l’ascenseur se referment derrière eux… Ce n’est pas la fin d’un accident. C’est le début d’une vraie conversation.

French & English tRANSCRIPT

Un soir de pluie, dans un immeuble ancien à Paris, Inès rentre chez elle avec deux sacs de courses. → One rainy evening, in an old apartment building in Paris, Inès comes home with two bags of groceries. Dans un sac, il y a du pain, du fromage, des pommes… et une tablette de chocolat qu’elle a achetée “juste au cas où”. → In one bag, there is bread, cheese, apples… and a chocolate bar that she bought “just in case.” Elle pousse la porte de l’immeuble avec son épaule. → She pushes the building door open with her shoulder. “Allez… presque arrivée,” murmure Inès. → “Come on… almost there,” Inès murmurs. Au même moment, Maxime entre derrière elle. → At the same moment, Maxime enters behind her. Maxime et Inès habitent au même étage. → Maxime and Inès live on the same floor. Ils se croisent souvent le matin, dans le couloir, ou devant l’ascenseur. → They often pass each other in the morning, in the hallway, or in front of the elevator. Ce soir-là, Maxime tient un petit bouquet de fleurs. → That evening, Maxime is holding a small bouquet of flowers. Inès le remarque tout de suite. → Inès notices it right away. Comme toujours. → As always. “Bonjour.” → “Hello.” “Bonjour.” → “Hello.” Parfois, ils sourient. → Sometimes, they smile. Parfois, ils veulent dire plus. → Sometimes, they want to say more. Mais Inès porte souvent ses écouteurs. → But Inès often wears her headphones. Et Maxime porte souvent des fleurs. → And Maxime often carries flowers. Alors chacun imagine une histoire. → So each of them imagines a story. Inès pense que les fleurs sont pour la petite amie de Maxime. → Inès thinks the flowers are for Maxime’s girlfriend. Et Maxime se demande toujours quelle musique Inès écoute. → And Maxime always wonders what music Inès is listening to. Ce soir-là, ils entrent ensemble dans l’ascenseur. → That evening, they enter the elevator together. Les portes se ferment. → The doors close. Un petit silence. → A small silence. Puis l’ascenseur monte. → Then the elevator goes up. Premier étage. → First floor. Deuxième étage. → Second floor. Et soudain… → And suddenly… Il s’arrête. → It stops. La lumière clignote. → The light flickers. Inès se fige. → Inès freezes. Maxime regarde les boutons. → Maxime looks at the buttons. “Euh… ce n’est pas normal,” dit-il. → “Uh… this is not normal,” he says. Inès serre ses sacs contre elle. → Inès holds her bags tightly against her. “On est coincés ?” demande-t-elle. → “Are we stuck?” she asks. Maxime appuie sur le bouton d’urgence. → Maxime presses the emergency button. Une voix répond au bout de quelques secondes. → A voice answers after a few seconds. “Ne vous inquiétez pas. Quelqu’un arrive. Ça peut prendre vingt minutes.” → “Don’t worry. Someone is coming. It may take twenty minutes.” “Vingt minutes ?” répète Inès. → “Twenty minutes?” Inès repeats. Maxime la regarde. → Maxime looks at her. “Au moins, ce n’est pas toute la nuit.” → “At least it’s not all night.” Inès rit malgré elle. → Inès laughs despite herself. “Très rassurant.” → “Very reassuring.” Un autre silence. → Another silence. Mais cette fois, il est différent. → But this time, it is different. Plus drôle. → More lighthearted. Moins froid. → Less cold. Inès pose doucement ses sacs par terre. → Inès gently puts her bags on the floor. “J’espère juste que mes œufs vont survivre,” dit-elle. → “I just hope my eggs will survive,” she says. Maxime regarde son bouquet. → Maxime looks at his bouquet. “Je peux protéger les fleurs, mais les œufs… c’est plus compliqué.” → “I can protect the flowers, but the eggs… that’s more complicated.” Ils rient tous les deux. → They both laugh. Puis un bruit vient du sac d’Inès. → Then a noise comes from Inès’s bag. Une pomme roule sur le sol de l’ascenseur. → An apple rolls across the elevator floor. Maxime se baisse pour la ramasser. → Maxime bends down to pick it up. “Voilà, madame,” dit-il. → “There you go, madam,” he says. “Merci, monsieur,” répond Inès. → “Thank you, sir,” Inès replies. Leurs mains se frôlent. → Their hands brush against each other. Ils se regardent. → They look at each other. Un petit moment passe. → A small moment passes. Puis Inès détourne les yeux, un peu gênée. → Then Inès looks away, a little embarrassed. Pour cacher son sourire, elle ouvre son sac. → To hide her smile, she opens her bag. “Vous voulez du chocolat ?” demande-t-elle. → “Would you like some chocolate?” she asks. Maxime cligne des yeux. → Maxime blinks. “Vous avez du chocolat dans votre sac ?” → “You have chocolate in your bag?” “Évidemment,” répond Inès. “On ne sait jamais quand une urgence peut arriver.” → “Obviously,” Inès replies. “You never know when an emergency might happen.” Maxime rit. → Maxime laughs. “Alors là, je suis impressionné.” → “Well, now I’m impressed.” Inès casse un morceau et le lui tend. → Inès breaks off a piece and hands it to him. Ils s’assoient doucement par terre, chacun d’un côté de l’ascenseur. → They gently sit down on the floor, each on one side of the elevator. Dehors, la pluie frappe les fenêtres de l’immeuble. → Outside, the rain hits the building’s windows. Quelques minutes passent. → A few minutes pass. Le silence devient plus chaud. → The silence becomes warmer. Plus simple. → Simpler. Presque confortable. → Almost comfortable. Maxime regarde les écouteurs autour du cou d’Inès. → Maxime looks at the headphones around Inès’s neck. “Je peux vous poser une question ?” demande-t-il. → “Can I ask you a question?” he asks. Inès sourit. → Inès smiles. “Oui.” → “Yes.” “Vous écoutez toujours de la musique le matin,” dit Maxime. → “You always listen to music in the morning,” Maxime says. “Je me demande souvent ce que vous écoutez.” → “I often wonder what you listen to.” Inès baisse les yeux, surprise. → Inès lowers her eyes, surprised. “Vous avez remarqué ça ?” → “You noticed that?” “Oui,” répond Maxime. → “Yes,” Maxime replies. “Vous entrez dans l’ascenseur avec vos écouteurs, et parfois vous souriez toute seule.” → “You enter the elevator with your headphones, and sometimes you smile by yourself.” Inès rit doucement. → Inès laughs softly. “C’est souvent de la musique classique française.” → “It’s often French classical music.” Maxime semble intrigué. → Maxime seems intrigued. “Vraiment ?” → “Really?” “Oui,” répond Inès. → “Yes,” Inès replies. “Surtout Claude Debussy.” → “Especially Claude Debussy.” Maxime sourit. → Maxime smiles. “Debussy dans l’ascenseur… c’est très élégant.” → “Debussy in the elevator… that’s very elegant.” Inès rit. → Inès laughs. “C’est surtout pour rendre les matins moins gris.” → “It’s mostly to make mornings less gray.” Maxime regarde le bouquet dans ses mains. → Maxime looks at the bouquet in his hands. “Je comprends.” → “I understand.” Inès hésite, puis montre les fleurs. → Inès hesitates, then points to the flowers. “Et vous… vous achetez souvent des fleurs.” → “And you… you often buy flowers.” Maxime sourit. → Maxime smiles. “Ah… les fleurs.” → “Ah… the flowers.” Inès baisse les yeux. → Inès lowers her eyes. “Je pensais qu’elles étaient pour votre petite amie.” → “I thought they were for your girlfriend.” Maxime la regarde, surpris. → Maxime looks at her, surprised. “Ma petite amie ?” → “My girlfriend?” Inès devient rouge. → Inès turns red. “Pardon… je ne voulais pas être indiscrète.” → “Sorry… I didn’t mean to be nosy.” Maxime rit doucement. → Maxime laughs softly. “Non, non. Je n’ai pas de petite amie.” → “No, no. I don’t have a girlfriend.” Inès relève les yeux. → Inès looks up. “Ah bon ?” → “Really?” “Non,” répond Maxime. → “No,” Maxime replies. “Ma grand-mère tient une petite boutique de fleurs dans le quartier.” → “My grandmother runs a small flower shop in the neighborhood.” “Chaque semaine, elle me donne un bouquet.” → “Every week, she gives me a bouquet.” “Elle dit toujours : Maxime, apporte ça à une femme spéciale.” → “She always says: Maxime, bring this to a special woman.” Inès sourit. → Inès smiles. “Et vous ?” → “And you?” “Moi, je les mets dans un vase,” répond-il. → “I put them in a vase,” he replies. “Tout seul.” → “All alone.” Inès rit. → Inès laughs. “Votre grand-mère essaie de vous aider.” → “Your grandmother is trying to help you.” “Oui,” dit Maxime. “Elle est très déterminée.” → “Yes,” Maxime says. “She is very determined.” Ils rient encore. → They laugh again. Puis Maxime ajoute doucement : → Then Maxime adds softly: “En fait… je voulais vous parler depuis longtemps.” → “Actually… I have wanted to talk to you for a long time.” Inès le regarde. → Inès looks at him. “Vraiment ?” → “Really?” “Oui,” répond Maxime. → “Yes,” Maxime replies. “Mais je pensais que vous ne vouliez parler à personne.” → “But I thought you didn’t want to talk to anyone.” “À cause des écouteurs ?” → “Because of the headphones?” “Un peu.” → “A little.” Inès sourit. → Inès smiles. “Je pensais que vous aviez quelqu’un.” → “I thought you had someone.” “À cause des fleurs ?” → “Because of the flowers?” “Un peu.” → “A little.” Ils se regardent. → They look at each other. Cette fois, aucun des deux ne baisse les yeux. → This time, neither of them looks down. Un bruit se fait entendre au-dessus d’eux. → A noise is heard above them. Puis une voix crie : → Then a voice shouts: “Vous allez bien ?” → “Are you okay?” Maxime répond : → Maxime answers: “Oui, très bien !” → “Yes, very well!” Inès le regarde, amusée. → Inès looks at him, amused. “Très bien ?” → “Very well?” Maxime sourit. → Maxime smiles. “Je veux dire… vu les circonstances.” → “I mean… considering the circumstances.” Les portes s’ouvrent enfin. → The doors finally open. Le gardien les aide à sortir. → The caretaker helps them get out. Inès reprend ses sacs. → Inès picks up her bags again. Maxime reprend ses fleurs. → Maxime picks up his flowers again. Ils sont de nouveau dans le couloir. → They are back in the hallway. Sur le même étage. → On the same floor. Libres. → Free. Mais aucun des deux ne bouge. → But neither of them moves. Maxime regarde son bouquet. → Maxime looks at his bouquet. Puis il retire une petite fleur blanche. → Then he takes out a small white flower. Il la tend à Inès avec un sourire. → He hands it to Inès with a smile. “Pour rendre demain matin moins gris,” dit-il. → “To make tomorrow morning less gray,” he says. Inès prend la fleur doucement. → Inès takes the flower gently. “Merci.” → “Thank you.” Un petit silence. → A small silence. Puis Maxime demande : → Then Maxime asks: “Demain matin… au lieu de juste dire bonjour… on pourrait prendre un café ?” → “Tomorrow morning… instead of just saying hello… could we have coffee?” Inès sourit. → Inès smiles. “Oui.” → “Yes.” Elle lève son sac de courses. → She lifts her grocery bag. “Mais seulement si j’apporte le chocolat.” → “But only if I bring the chocolate.” Maxime rit. → Maxime laughs. “Marché conclu.” → “Deal.” Et cette fois, quand les portes de l’ascenseur se referment derrière eux… → And this time, when the elevator doors close behind them… Ce n’est pas la fin d’un accident. → It is not the end of an accident. C’est le début d’une vraie conversation. → It is the beginning of a real conversation.

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